1. 360in372 – deuxième étape de la réflexion

    Il y a deux semaines j’ai parlé ici de mon projet de livre, celui que j’écris en ce moment à propos de mon voyage. (Joachimesque : 360in372)

    Cet article a entrainé beaucoup de retours positifs de votre part, et m’a montré que tout le travail que je fais autour de mon voyage trouvera des lecteurs. J’ai aussi pu avoir des discussions très intéressantes avec des personnes qui sont proches du monde de l’édition, et qui ont pu aiguiller un peu mon projet dans des voies plus réalisables.

    un projet très, très ambitieux

    760 pages, c’est vraiment beaucoup. Un tel livre mesurerait 25 × 25 × 5cm, et pèserait trois kilos. Le coût de production avoisinerait 60€ au bas mot, ce qui conduirait le prix du livre aux alentours de 100€. En comptant mes parents, toute ma famille et mes amis, je ne pense pas pouvoir en vendre plus de cinq volumes… et quand on sait qu’un imprimeur ne fait pas de tirage à moins de cinq cent exemplaires, ça m’aurait fait quatre-cent quatre-vingt quinze volumes à stocker chez moi. Et je n’oserai même pas aborder le financement. Sortir 30 000 euros de ma poche, c’est pas trop possible (pour info, c’est deux fois le prix total de mon voyage – si j’avais ce genre de liquidités je ne ferais pas un livre, je repartirais sur la route !)

    Il m’a donc fallu mettre de l’eau dans mon vin, et repenser le projet. Après tout, on dit que les gens qui ont souvent raison sont ceux qui changent souvent d’avis.

    un projet ambitieux, mais moins

    En discutant avec la famille, les amis, anciens micro-sponsors qui veulent continuer leur support ou nouveaux enthousiastes, j’ai pu affiner ma vision pour ce livre.

    Il faut d’abord réduire le nombre de pages. Tous ceux avec qui j’ai discuté voudraient voir beaucoup de photos, lire plein de pages de mon journal, connaître tout de mon voyage. Mais en même temps, le livre ne doit pas être trop épais et encombrant. Et pas trop cher, aussi. Je vais donc garder un jour sur trois, du projet original.

    En réduisant le nombre de pages du livre, il faudra que je sélectionne les jours les plus intéressants. Je ne veux pas couper deux jours sur trois sans discernement. Les journées présentées seront les plus riches en photos/textes/aventures, ou juste les plus représentatives de ce qui se passait à ce moment là dans mon voyage.

    Le livre montrera environ 120 jours, ce qui fait à peu près 260 pages (en comptant les appendices, introductions, etc…). Je pourrai donc beaucoup plus facilement envisager de mener ce projet à bien par l’auto-édition, financée via du crowdfunding (KissKissBankBank ou Ulule par exemple), étant donné qu’il coûterait seulement une dizaine de milliers d’Euros. Il sera en outre beaucoup plus facile à présenter à un éditeur pour l’intéresser à prendre part à une co-édition.

    Mais ! je t’entends dire, et si je veux tout voir, tout savoir de ton voyage ? Le livre ne va pas tout m’apprendre, c’est nul !

    Ne désespère pas, lectrice chérie ou lecteur adoré. En plus du livre, il y aura une autre dimension. Une dimension qui ne sera pas le papier, le bel objet ; une dimension accessible par les appareils numériques. Je vais rendre l’archive complète de mon voyage disponible sur Internet, dans des formats que je dois déterminer.

    la dimension numérique

    Je pense faire un site web accessible tant aux grands écrans qu’aux mobiles et aux tablettes, mais j’envisage aussi de faire une version ePub ou PDF, c’est plus pratique dans le train ou dans l’avion, quand il n’y a pas de WiFi.

    Bien sûr, il faudra que j’optimise les contenus pour chaque support. Le livre papier ne contiendra pas trop de photos mais ce sera les plus belles, et je n’imprimerai que les textes les plus intéressants. Le site web sera archi-complet, navigable par date, par pays, ou même par type de contenu, mais sera inaccessible hors-ligne. Et l’eBook contiendra surtout les textes (pour ne pas saturer la mémoire du téléphone/tablette/liseuse), et des photos qui rendent bien en noir et blanc…

    Et comme j’aurai plusieurs types de contenus, pourquoi ne pas les rendre disponibles séparément ?

    Trop peu de livres et publications prennent en compte le succès du support numérique pour la lecture. Peu de maisons d’édition font des livres sans DRM (que tu peux prêter à tes amis, léguer à tes enfants, comme des vrais livres en papier), qui ne soient pas chers (un eBook n’a pas à être imprimé et coûte très peu en bande passante, pourquoi est-il au même prix qu’un livre en papier ?) et utilisables sur tous les supports (telle liseuse ne lit pas les PDF, tel livre n’est vendu que pour marcher sur une seule app…). Et c’est vraiment dommage.

    Au final, je pense vendre mon livre de la façon suivante :

    • 30€ : le livre papier + accès à l’archive web + eBook
    • 10€ : accès à l’archive web + eBook
    • gratuit : accès à une version limitée de l’archive web + un chapitre de l’eBook (+ un PDF d’un chapitre du livre papier ?)

    Les prix ici sont des estimations, et ne sont pas finaux ; mais il servent à donner une idée du système.

    Vous avez vu que j’ai ajouté une troisième offre, qui est gratuite. C’est pour tous les lecteurs potentiels qui souhaiteraient goûter avant d’acheter. Un chapitre de l’eBook et un chapitre du livre (en PDF) peuvent donner une idée de la différence entre 10€ et 30€.

    L’archive web serait accessible à tous les lecteurs payants, mais protégée par un PayWall. En gros, pour les visiteurs gratuits ça limiterait la consultation à un chapitre, et peut-être permettrait un certain nombre de pages de l’archive payante par mois.

    Par exemple, si vous êtes un lecteur du livre papier, et que vous voulez faire lire un article incroyable à votre tante qui habite à New York, vous pouvez lui envoyer le lien vers un article de l’archive payante ; elle pourra le lire sans problème, ainsi que les autres pages qui vous lui enverrez, dans une certaine limite (mettons 5 pages par mois).

    attends… pas de DRM pour l’eBook, mais un PayWall pour le site ?

    Ouais.

    Pas de DRM ça veut dire que tu pourras envoyer l’eBook à ta tante New-Yorkaise. Si ça se trouve elle aimera, et se l’achètera pour avoir accès à l’archive complète – ou mieux, peut-être qu’elle achètera le livre…

    Pour l’idée de PayWall c’est un peu différent. C’est l’assurance que je serai rémunéré pour mon travail d’auteur/auto-éditeur/photographe/designer/manager, mais aussi la possibilité que le contenu sera accessible à des lecteurs potentiels et des simple curieux.

    Je suis conscient que ça va à l’encontre de l’idée d’un web ouvert à tous et que ça ne s’accorde pas spécialement à l’esprit anti-DRM dont j’ai fait part précédemment. Mais rien ne t’empêche de partager tes codes d’accès avec ta tante à New York si tu ne veux vraiment pas que mon labeur soit reconnu et dûment récompensé.

    co-édition kezako ?

    Un peu plus haut j’ai émis l’idée de lancer le livre via une co-édition. Je sais pas trop si le terme existe ou si l’idée est déjà utilisée couramment, mais voilà ce à quoi je pense :

    Il s’agirait de réaliser le livre avec des fonds d’un éditeur auxquels on ajouterait des fonds que j’aurais levés par moi-même (via du crowdfunding). Ça permettrait à un petit éditeur intéressé par le projet mais n’ayant pas les reins pour supporter l’investissement de m’assister dans la réalisation du projet pour toutes les questions d’imprimerie/stockage/distribution. Ça serait à moindre coût pour cet éditeur, et avec la garantie qu’un certain nombre de volumes seraient déjà vendus avant l’impression.

    Bon, je crois que j’ai mis à plat l’état de la réflexion autour du projet.

    Pour ce qui est du boulot, j’avance en ce moment sur des maquette pour l’archive web. Ça va être beau…

Notes

  1. vincentfavreau reblogged this from joachimesque
  2. joachimesque posted this